Art du tatouage

Phnom Penh Post, un article sur l’Angkor Tattoo Shop…

La boutique de tatouage de Lex Roulor à Siem Reap est maintenant ouverte !

Après plusieurs semaines de travail acharné pour régler le salon , tout est enfin terminé ! La boutique fait déjà le buzz dans la ville… Il y a deux semaines, Michael Sloan, un journaliste du Phnom Penh Post est venu discuter et en apprendre un peu plus sur la boutique. Quelques jours plus tard, j’étais dans le journal ! Consultez l’article en ligne sur le site du Phnom Penh Post.

CLIQUEZ ICI

Maintenant, la boutique est opérationnelle ! Vous êtes juste le bienvenu !
Retrouvez la boutique au X Bar, au bout de Pub Street. Levez les yeux pour repérer le X !

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Le nouveau Siem Reap Tattoo Shop ouvre bientôt !!!

Après plusieurs semaines à Siem Reap, au Cambodge , passées à s’installer, à trouver une maison dans laquelle poser les valises pendant un moment, à assembler les choses, à trier les visas et à dépenser ce qui semble être une tonne d’argent aussi beaucoup de choses… Eh bien, ça y est : Le moment est venu de faire en sorte que mes machines à tatouer ne voient plus 3 pays différents par mois, et de trouver leur place sur une belle étagère confortable dans un vrai magasin !

Oui, j’ai trouvé un emplacement ! Dans un super endroit, à Siem Reap, Downtown, en plein centre de son cœur battant. Donc, en quelque chose comme deux semaines, j’ai fini par ouvrir  » Lexroulor’s Angkor Tattoo Shop », le seul et unique magasin de tatouage de Siem Reap à être tenu par un occidental !

JE’, un lieu à l’ambiance unique sur les toits de la ville, avec une vue magnifique sur toute la ville. Qu’y a-t-il en magasin là-haut ? Musique rock forte de 16h à l’aube, tables de billard et baby-foot gratuits, écran géant et projecteurs, jam session tous les mercredis, bar en plein air, toit en noix de coco, planche à roulettes half-pipe connectée au ciel et minuscule tatoueur au milieu de tout ça…

Les travaux commencent aujourd’hui, et le lieu sera totalement prêt dans deux semaines. Le concept : Un super petit studio en parfaite harmonie avec l’univers du bar, avec une immense fenêtre transparente pour voir qui se fait encrer, et d’autres surprises… Alors si vous voulez vous détendre, ET vous faire plaisir tatouage unique et spécialement conçu pour vous, eh bien, N’HÉSITEZ PAS. C’est l’endroit que vous voulez visiter à Siem Reap.

Pour le trouver – c’est facile, descendez Pub Street, au milieu de la ville, levez les yeux et repérez l’énorme X illuminé dans le grand ciel nocturne de Siem Reap !

Mises à jour à suivre bientôt !!!

POUR TROUVER LA BOUTIQUE DE TATOUAGE ANGKOR DE LEXROULOR, cliquez ici.

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Dave Fleet, Abracadabra Tattoo, the magic from Wales… PART…

Le grand nombre de tatoués dans la région en atteste, le tattoo est de plus en plus fortement « ancré » dans l’esprit des Britanniques (jeunes ou moins jeunes d’ailleurs). Arpentez les rues de Blackwood en été et vous serez étonné par le nombre d’avant-bras ou de mollets entièrement colorés fièrement exposés. La proportion de la population qui porte des tattoos très visibles ou de grande taille doit facilement dépasser les 15%, et il n’est plus rare que de nouveaux clients commencent directement par un premier tatouage de taille très respectable. Alors qu’on se contentait il y quelques années d’un papillon discret sur un omoplate ou d’un petit tribal sur le haut du bras, on attaque maintenant directement avec une manchette complète ou avec un design massif dans le dos comme toute première encre.

De plus, un nombre croissant de gens viennent chez Abracadabra avec des idées très précises sur ce qu’ils veulent. Pratiquement plus personne ne se pointe pour se faire encrer un bon vieux flash tout droit sorti d’un art book. Pourtant, d’innombrables planches recouvrent les murs du studio, mais la liste des prix prend maintenant la poussière sur une des étagères du comptoir. Il y a environ 5 ans, on voyait encore pas mal de clients demander le tarif pour un dragon gallois ou une croix celtique piqué sur un des bouquins, et le staff pouvait leur sortir directement quelques flashs de derrière les fagots, avec le prix qui allait avec. Aujourd’hui, tous les clients qui entrent dans la boutique ont une idée assez précise en tête et insistent sur le fait d’avoir un design aux détails personnalisés… Ce qui signifie que le temps passé sur chaque projet est considérablement plus long, de par la nécessité de travailler face à des attentes et des exigences toujours plus strictes. Ces deux facteurs dans l’attitude de la clientèle forcent ainsi l’équipe à facturer aujourd’hui uniquement à l’heure, non plus au design comme avant.

Je suis assez étonné du contraste avec le studio dans lequel j’avais exercé plus tôt à Bruxelles. En effet, j’étais au contraire presque toujours obligé de m’évertuer à expliquer à un client impatient de se faire tatouer un flash ramassé dans le premier catalogue venu, que sa démarche pourrait être plus personnelle et qu’il pourrait imaginer porter un tattoo vraiment unique en faisant preuve d’un tant soit peu de réflexion. Son choix se portait très souvent à la fin sur le flash, sans trop prêter attention aux recommandations d’usage… Alors d’un certain point de vue, en Grande Bretagne, la tendance inverse serait une bonne chose, car elle pourrait être la preuve que les Britanniques sont impliqués plus personnellement dans la démarche de se faire tatouer. D’un autre coté, avec des attentes de plus en plus poussées, et souvent trop, pas mal de clients de Dave font preuve d’un irréalisme digne d’un épisode de la Quatrième Dimension. Abreuvés de séries comme « Miami Ink » ou « LA Ink » qui inondent les chaînes câblées ces 3 dernières années, ces futurs nouveaux tatoués ne jurent que par ce qu’ils voient sur leur petit écran. Après s’être enfilés trois saisons de ces shows en DVD sur le week-end, ils se pointent le mardi chez Abracadabra avec une idée pour un dos complet, attendent de recevoir leur projet dans l’heure qui suit, et d’avoir un rendez-vous le lendemain… Au fond, ça fait marrer Dave… un peu… Il se rappelle même qu’une fois, une cliente qu’il était en train de tatouer s’était fortement plainte de la douleur, avec pour excuse que ça ne paraissait pas faire mal du tout… à la télé…

Quand j’aborde la question de la prolifération des shops, Dave prend la chose avec la plus grande philosophie. On dénombre par exemple aujourd’hui 16 boutiques rien qu’à Bristol, mais cela ne l’inquiète pas pour son business. Il parait même plutôt content de la tournure des évènements. Étonné une nouvelle fois, je lui demande pourquoi il se frotte les mains de cette concurrence envahissante, et il m’explique donc. Après la période de Noël et début janvier, un véritable raz de marée de nouveaux clients fait son apparition au studio. Pour la plupart de ces nouvelles figures, la raison qui les poussent à venir chez Abracadabra, c’est pour arranger ou carrément recouvrir un tattoo foireux encré pas cher pour Noël par quelque nouveau tatoueur dans quelque nouvelle boutique. Ainsi, Dave, armé de son expérience et épaulé de son équipe chevronnée, récolte les honneurs en « sauvant la peau » de ces clients au désespoir. On arrange le mauvais boulot d’un tatoueur trop frais lâché trop tôt dans la nature (voire même d’un quidam s’improvisant tatoueur dans son salon…). D’une pierre deux coups donc: on récupère la confiance d’un client rassuré, et on glane aussi au passage les amis de ce client qui transmet la bonne parole façon bouche à oreille. Fair-play! Heureux soyez, Jeunes Ados, de recevoir le dernier kit à tatouer commandé au Papa Noël sur un site de matos pas cher, Dave est là pour rattraper vos bousilles… Je dois avouer que ça me fait un peu transpirer dans mes pompes de tatoueur novice. Je me conforte dans l’idée qu’au moins je tente de faire preuve d’éthique et d’un profond respect pour le boulot des anciens, et je prie pour que personne n’ait jamais à rattraper mes jeunes tattoos…

Toujours occupé à dessiner calmement au stylo le polynésien sur le bras de son client, Dave lève les yeux vers moi et s’interrompt quelques secondes. Il ne dit rien, puis retourne à la peau du gars assis en face de lui. Plus haut sur son épaule, il commence à tracer quelque chose qui ne semble rien à voir à faire avec le polynésien… En 5 lignes, pas plus, une hirondelle old school dans les règles de l’art apparaît sous mes yeux ébahis. « Voilà mon pote, c’est tout ce que tu dois savoir », dit-il alors. Je l’interroge du regard. « Tout est là; des lignes fluides et arrondies pour tracer le corps, un dégradé de gris pour ombrer les ailes, et des bonnes couleurs bien solides pour finir le tout. Tu sais faire ça, tu sais TOUT faire ». Ça me laisse rêveur… Il m’en faut peu? Et ben je dirais pour ma défense que dans la vie, c’est dans les choses les plus simples que réside toujours la plus grande difficulté. J’applique cela au tattoo.

Les temps changent, ou pas… Dave Fleet tatoue depuis plus de 30 ans. Micky Sharpz n’exerce plus, mais vend des machines aux quatre coins du monde. Au shop de Blackwood, Maria Fleet bosse dur et se prépare doucement à prendre le relais, quand son père partira à la retraite. Elle sera à la hauteur, c’est sûr. Elle m’avoue qu’elle est fière du chemin parcouru par son père ; quand on peut y associer tant de grands noms, il y a de quoi ! Mais malgré tout cela, Dave reste simple, sincère, et conserve ce coté old school que j’apprécie tellement. Il me semble en effet que ce n’est pas dans toutes les boutiques qu’on peut se pointer presque à l’improviste, se faire offrir du thé, rencontrer toute l’équipe, espionner un peu chacun travailler, discuter le bout de gras pendant deux heures avec le patron, et ressortir avec l’impression d’être passé dire bonjour à des amis… Sans vouloir paraître vieux jeu ; exemple à suivre.

Mais les bonnes choses ont une fin,  et je vais maintenant le laisser bosser un peu. Je m’éclipse. Je ressurgirait sûrement chez Abracadabra avant de reprendre encore la route en janvier, pour remercier l’équipe de son accueil chaleureux, prendre quelques photos du shop, et rigoler une dernière fois avec tout le monde. Je quitte la boutique en rassurant juste le client de Dave qu’il ne va pas vraiment garder une hirondelle old school tatouée au dessus de son polynésien… Dehors, ça gèle sévère, et je manque tout juste de glisser lamentablement sur une plaque de glace et de m’étaler de tout mon long. Les rues de Blackwood présentent un tout autre intérêt maintenant car elles renferment le repère de Dave Fleet, un dinosaure du tatouage Britannique… J’y suis entré, et j’en suis ressorti vivant pour en raconter un bout d’histoire…

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Dave Fleet, Abracadabra Tattoo, la magie du Pays de…

Pays de Galles, 1975. L’industrie du charbon a du plomb dans l’aile… Glissant sur la pente d’un long déclin, des milliers de familles ayant déjà du mal à joindre les deux bouts sont doucement entraînées de par le fond. Le secteur tout entier essuie tour à tour la fermeture des mines d’exploitation, beaucoup étant jugées comme fonctionnant à perte, et les faillites de toutes les petites entreprises locales qui survivent autour du commerce, de la livraison, ou de la transformation du précieux minerai… devenu bien moins précieux depuis quelques années au profit du pétrole ou de l’énergie nucléaire…

Dave Fleet, la vingtaine à l’époque, gagne sa vie en bossant dur comme livreur pour une petite entreprise de transport de charbon située dans le comté de Gwent, dans le sud du pays. Depuis quelques mois, alors qu’il se crève à la tâche durant la journée, il passe pourtant toutes ses soirées et ses week-ends à traîner avec un copain… tatoué… Cet ami officie également de temps en temps comme tatoueur lui-même. Dave passe le plus clair de ses heures libres à regarder par dessus l’épaule de son mentor quand il tatoue, et finit même par pratiquer un peu sur des gars consentant. Doucement, il s’implique dans la culture naissante du tattoo, et perfectionne sa technique. Ainsi, quand la société de livraison suit le mouvement et dépose finalement le bilan en 1977, Dave se retrouve sans emploi, mais pas sans ressources: il se débrouille à gagner sa croûte en tatouant ici et là.

Accoudé au comptoir de son shop j’écoute Dave, aujourd’hui 50 ans passés, me raconter ses 33 années d’histoire « tatouistique ». J’écoute chaque mot de cette histoire avec l’enthousiasme d’un gosse qui ouvrirait ses cadeaux de Noël. Ça tombe bien, c’est juste la période… Cheveux grisonnant gominés en arrière, chemise bleue, blue jeans ajusté, Dave me rappellerait presque les photos de ces bad boys des années 60. Ouais, les mêmes gars que craignaient les fils à papa le samedi soir dans les bals de village, et ceux la même dont rêvaient en secret les filles bien élevées… Sympathique, accueillant et drôle, il m’invite à boire du thé, en bon britannique qui se respecte. Je ne bois pas de thé…

En 1977, la pratique du tattoo est encore peu répandue, et les tatoués sont bien souvent des marins ou des militaires, des excentriques ou des marginaux, et des truands ou autres taulards. Quand Dave fait ses débuts, alors que des noms tels que « Joe Hartley » raisonnent encore dans les boutiques du Royaume Uni, ceux qui exercent le métier ne sont pas légions. Ces quelques gaillards éparpillés ici et là n’ont, de plus, pas toujours bonne réputation. Dans tout l’ouest de l’Angleterre et le Pays de Galles, on ne compte que quatre tatoueurs à l’époque, dont Dave, et un certain Les Skuse Junior (Danny pour ne pas le nommer), qui reprend alors tout juste le flambeau du tattoo shop familial de Bristol.

De temps en temps, un nouveau venu tente d’installer sa boutique sans trop se soucier de la proximité plus ou moins relative de quelque autre tatoueur influent. Ce nouvel arrivant impétueux se voit alors directement signifier qu’il n’est pas tout à fait le bienvenu dans la région, et qu’il ferait bien de déménager… un peu plus loin… C’est à grands coups de parpaings dans la vitrine qu’on lui fait comprendre qu’il serait de bon ton de quitter le lieux dans les plus brefs délais. Et bien souvent, le tatoueur téméraire s’accroche quelques semaines, puis part finalement en quête d’un emplacement un peu plus tranquille. Mais Dave est chanceux. Blackwood, la petite ville du conté de Gwent où il choisit de débuter, n’est sous l’influence d’aucun clan. Alors lancé dans la profession, Dave cherche à améliorer sa technique et à gagner l’inspiration. Il passe souvent voir un de ses amis qui officie également au Pays de Galles ; Micky Sharpz. LE Micky Sharpz… Les deux compères discutaillent pas mal et échangent quelques petites astuces entre studio et coin de bar. A l’époque, Dave est subjugué par le boulot de Micky. Un style ultra réaliste, que Dave juge comme ayant facilement 20 ans d’avance sur tout ce qui se fait alors dans les années 70.  Micky Sharpz, un visionnaire ? Selon Dave, pas de doute. Il se rappelle même précisément d’un papillon que Micky a tatoué sur un client 20 ans auparavant… Un genre de révélation… Alors quand je lui demande comment il qualifie son style, il m’explique qu’il prend son pied en travaillant sur des grosses pièces en style réaliste ou des portraits.

Après quelques années dans un local miteux, puis quelques années à se planquer au premier étage au dessus d’une boutique de tapis, et Dave installe enfin Abracadabra Tattoo dans un shop spacieux et confortable sur une petite place commerçante de la ville. Même pas au centre ville, simplement dans un quartier tranquille… Chez Abracadabra Tattoo, quatre tatoueurs travaillent aujourd’hui plein temps. Toute l’équipe pratique un art dont le seul nom « Dave Fleet » garanti la qualité, et quiconque entre dans la boutique peut se conforter de recevoir des conseils avisés, riches de plus de 30 années d’expérience du patron.

Les clients affluent de tout le Royaume Uni pour se faire encrer au shop, et le carnet de rendez-vous  des quatre tatoueurs est blindé plus de trois mois à l’avance… Dave en rigole et m’avoue qu’il tente de ralentir un peu le rythme des rendez-vous, sinon il pourrait bien être déjà booké pour toute l’année 2011. Pour lui prêter main forte dans ce rush constant, son équipe est sur le pied de guerre, 100% active dès 9h30 (et tout le monde sait que 9h30, c’est très tôt pour un tattoo shop!). Et leur agenda s’étire souvent jusque plus de 19h. Dave officie dans son repère, tout au fond de la boutique, après un long couloir qui pourrait bien servir de petit musée du tatouage. Les murs en sont recouverts de vieux dessins old school et de photos. Dans un cadre, trône fièrement un dessin de l’ancienne boutique sur High Street, en 1986 (alors que je jouait encore aux GI joe…). Sur la gauche dans ce même couloir se trouve le poste de Whisky, le balèze percé de l’équipe. Dans un petit espace jouxtant le hall, près de l’accueil, Maria, la fille de Dave, se débat déjà avec un recouvrement tatillon, armée d’une machine rotative dernier cri. Un peu plus loin, caché après un petit hall sombre croulant sous les calques et les dessins, Dominic, le petit dernier de l’équipe, est en pleine cession d’échauffement et d’étirement avant d’entamer une séance de six heures: un ange sur les côtes d’un courageux lascar.

Nous quittons le comptoir. Dave reçoit un client à 11h et m’invite à poursuivre la discussion pendant qu’il travaille. Le client de ce matin vient pour finaliser un polynésien couvrant tout son bras droit. Dave a décidé de le traiter entièrement en free hand. Il entame doucement son dessin, stylo en main, et continue de bavarder.